Jean-Hugues Berrou, un homme d'ailleurs, a suivi l'itinéraire Rimbaud.
« Je suis un piéton, rien de plus. » Sur les pas du
poète, deux expositions sont présentées au musée Rimbaud comme une
invitation au voyage. Regard posé sur Aden au Yemen et sur Harar en Ethiopie. Après
la découverte d'une collection de photographies de la fin du XIXe
portant sur des sites yéménites et éthiopiens où a séjourné Rimbaud,
Jean-Hugues Berrou part sur les traces de l'explorateur. Mais pas en
fétichiste. Le photographe se sert de Rimbaud comme guide de route. « Je
ne voulais pas m'inspirer de sa démarche, il détestait le monde. De
plus, les photos retrouvées n'expliquent en rien son œuvre. Moi, je
suis parti pour faire des rencontres. » La difficulté du
travail pour Jean-Hugues Berrou résidait dans la recherche des sites.
Mais « quelle jouissance de retrouver le lieu. En quelques
secondes, on est précipité dans le temps. Un siècle vient de passer.
Angoissant. » Résultat : une série de clichés noirs et
blancs de 2002 opposés à des clichés de la fin du XIXe, face auxquels
le visiteur perd la notion du temps. Déroutant. Au second étage du
musée, Harrar dévoile toute sa splendeur. Ville au sens profond du
terme, lieu de civilisation, d'éducation, de religion, Harar est
définitivement belle. Rare ville du monde musulman à avoir gardé une
telle splendeur, elle fascine. Pour cette raison, Philippe Revault
et Serges Santelli, les photographes de l'expo ont monté un dossier
pour que Harar soit classé au patrimoine de l'humanité. Réponse en
juillet. « Photographies et vidéo » de Jean-Hugues Berrou
et collection de Pierre Leroy et « Harar une cité musulmane
d'Éthiopie » proposée par l'association Ici et Ailleurs, au musée
Arthur Rimbaud.